06-01-2009
 
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Article de commande pour le web de la chaîne Voyage - 2002

 

Trop sombre, trop floue, trop bleue : la photo de voyage est souvent le crève cœur du retour. Voici les conseils de spécialistes pour mettre vos souvenirs en album…

Il est bien rare aujourd’hui de partir en voyage ou même en week-end sans s’encombrer d’un camescope ou d’un appareil photo dernier cri, ceux-là même que vous aurez reçus récemment en cadeau… Premier conseil : lire attentivement la notice fournie, appareil en main, même si cette dernière est rédigée en coréen ! Les engins modernes jouissent en effet d’une foultitude de fonctions, de modes, de boutons et molettes cachés dans des endroits invraisemblables, dont vous aurez vite fait d’oublier l’usage le moment venu, devant le scoop du siècle. Cela dit, l’ergonomie est bien pensée, et en principe, tout vient sous les doigts…

Photo ou vidéo ?

Tout d’abord, que choisir pour partir : un caméscope  ou un appareil photo ?

Le premier est le plus séduisant (vous aurez remarqué que sa carrosserie s’apparente aux bijoux ou voitures de luxe, et ce n’est pas un hasard…). Le caméscope PD100 de Sony est à ce titre une merveille de technologie et de qualité. On déplie l’écran LCD, on appuie sur le déclencheur, et tout est bon… C’est ainsi qu’est apparue une nouvelle race de touristes qui ne profitent plus de leur voyage qu’à travers l’écran gris de leur « revolver » chromé. Et c’est là le problème. Que ferez-vous de ces heures de « rushes » de retour à la maison ? La plupart d’entre nous regarderons une séquence timbre poste sur l’écran, avant de remiser la cassette dans la boîte à chaussure déjà remplie de cassettes semblables, pour une « utilisation future » qui ne viendra jamais. Car pour exploiter de la vidéo, même sur son ordinateur personnel, il faut le pourvoir d’une carte d’acquisition vidéo, de câbles et drivers divers, de logiciels de montage et de sonorisation et surtout de beaucoup de temps et d’apprentissage pour des résultats qui feront de toute façon piètre figure par rapport à ce que vous regardez tous les jours à la télévision. Des souvenirs pour vos enfants et petits enfants ? Oubliez ! La technologie évolue plus vite que nos têtes blondes et les appareils mais surtout les formats seront illisibles dans quelques années.

Le cas de la photo est différent. Historiquement, on colle ses tirages dans des albums soigneusement rangés, ou dans des cadres aux murs, et c’est tout de même plus gratifiant. Et durable ! On peut aussi les envoyer par L’internet à la famille, aux relations, faire ses cartes de visites, etc.

La frontière entre appareil photo et caméscope est d’ailleurs en train de fondre : il est parfaitement possible d’utiliser sa caméra comme un appareil photo numérique.

Quel photographe êtes-vous ?

Voyagez-vous pour le plaisir, en ramenant quelques photo souvenirs, ou l’image est-elle le but premier de votre voyage ? Dans cette dernière catégorie, on retrouve les amateurs éclairés et les professionnels.

  • Commençons par les premiers, les plus heureux. On trouve aujourd’hui pour une large gamme de prix de petits appareils polyvalents, munis de flashs intégrés, et d’objectifs zooms couvrant la plupart des besoins. Les réglages sont réduits au strict minimum et les résultats pratiquement garantis. Privilégiez la nouvelle norme APS qui permet avec le même appareil d’obtenir 3 formats d’images, dont le panoramique (photo plus longue que haute) particulièrement adapté aux paysages et aux grands espaces. Les laboratoires type FNAC ou Photo Service vous proposent au retour un développement en une heure, dans la taille que vous voulez, avec option encadrement ou recopie sur CD Rom pour les fondus d’informatique.
  • L’appareil tient dans la poche (jamais la poche de poitrine, car on se penche souvent en voyage : au dessus d’un précipice, sur une mare à crocodile…) et l’appareil à tendance à rejoindre le sujet, dans un concert de cris en différentes langues… Le mieux est de faire l’acquisition d’une poche en cuir, assujettie à la ceinture, façon téléphone portable. Dans l’action, passez la dragonne (serrée) au poignet et gardez l’appareil à la main. Cette solution très souple vous permet de profiter pleinement du voyage et en cas de situation particulièrement photogénique, de dégainer instantanément, souvent plus vite que vos compagnons d’infortune qui devront accéder à leur sac, l’ouvrir, choisir l’appareil, visser l’objectif… Trop tard : le rhinocéros blanc est passé… Sachez que beaucoup de professionnels utilisent en complément ce type d’appareil pour ces raisons, et aussi parce qu’ils passent alors pour des touristes et sont plus discrets, noyés dans la masse.

Malgré tout, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur : passons en revue vos différents malheurs…

« Mes photos sont vertes, grises, oranges… »

  • C’est souvent la cause d’une pellicule achetée sur place, cuite pendant quelques années au soleil tropical. Pensez à consulter la date de péremption, écrite en tout petit sur l’emballage. Le mieux est de partir avec votre provision de pellicules et de prévoir large (on photographie toujours plus qu’on ne le pense au départ). Il se peut aussi que ce soit aussi la faute du laboratoire (fin de vie des produits chimiques de développement)
  • Privilégier aussi les marques de films connus, sans dominantes (Kodak, Fuji) dans des sensibilités standard (100 ou 200 ISO qui sont parfaitement polyvalentes)

« La photo est toute noire »

  • Un grand classique : vous avez oublié le bouchon sur l’objectif, ou la dragonne passe devant le champs, ou encore un de vos gros doigt est appuyé sur la lentille…

« C’est terne et bleu »

  • Cette fois, c’est l’atmosphère, la vapeur d’eau et les ultraviolets qu’il faut incriminer. C’est ce qu’on appelle le voile atmosphérique, particulièrement visible dans les lointains. Raison pour laquelle il vaut mieux photographier le matin ou le soir, ou après une bonne pluie : l’atmosphère apparaît comme lavée, beaucoup plus transparente et ce sont les plus belles lumières. On peut utiliser aussi des filtres vissants « anti-UV » dont l’efficacité n’est pas prouvée…

« Ma femme fait toujours la grimace »

  • Evidement, vous l’avez placée face au soleil, et elle cligne des yeux, risquant l’ophtalmie. Sans compter qu’à part son visage torturé, elle sera à moitié recouverte par votre ombre ! Recherchez plutôt des éclairages ¾ (soleil venant de la droite ou la gauche, et léchant le visage jusqu’au nez : le sujet est serein et le modelé ombre et lumière très esthétique.
  • Autre défaut classique : le sujet « en plein dans la pastille » c'est-à-dire en plein milieu de la photo (là ou se faisait anciennement la mise au point). Il est beaucoup plus esthétique de décaler le sujet principal sur un côté, selon les règles du nombre d’or cher aux artistes.

« C’est tout flou ! »

Il existe trois sortes de flous : celui de mise au point, celui de bougé et celui de profondeur de champ. Les appareils modernes sont « autofocus » c'est-à-dire que vous n’avez pas à vous préoccuper de la mise au point… jusqu’à un certain point !

  • On voit souvent des photographes accroupis sur un champigon rare, ou prêt à brûler la rétine de leur nouveau né à 3cm de l’œil du bambin. Certains objectifs dits « macros » le permettent, mais ce n’est pas le cas des compacts puisque le viseur est une pièce d’optique située au dessus ou sur le côté de l’objectif réel et dont l’image ne passe pas par celui-ci à la différence des appareils « reflex » plus élaborés : dans le visuer, c’est toujours net puisqu’on ne voit donc jamais ce que l’appareil enregistre réellement sauf à quelques mètres et à fortiori l’infini. Vérifiez sur la notice la distance minimal de mise au point (en général 1m). En deçà, la photo sera floue. De plus, le décalage de l’axe optique entre l’objectif et le viseur conduit à ce qu’on appelle la parallaxe : de prêt, ce que vous voyez dans le viseur n’a plus rien à voir avec ce que photographie l’objectif : c’est la tête coupée assurée…
  • Le flou de bougé est plus insidieux. Il dépend de la vitesse d’un sujet en mouvement et des conditions de lumière. Quand la lumière est très basse, votre appareil automatique tente d’obtenir une exposition correcte en ralentissant la vitesse d’obturation. Parfois jusqu’à ½ seconde. Un temps suffisant pour que vous et vos sujets gigotent jusqu’à ressembler à des fantômes. Solutions : photographier au flash, ce qui « gèle » le sujet principal, installer l’appareil sur un pied, préférer les lumières hautes et si l’appareil le permet, vérifier la vitesse d’obturation qui ne devrait pas descendre en dessous du 1/125eme de seconde.
  • Le flou de profondeur de champ. Supposons votre petite amie fièrement campée sur le côté  d’une girafe plus lointaine. Au résultat : une girafe et une savane impeccable, et votre amie informe ! En effet, bien que bardés d’électronique et d’algorithmes de calculs, les appareils ne peuvent faire de miracle : ils font la mise au point de préférence sur le sujet occupant le plus de place dans l’image, en l’occurrence l’infini. La solution consiste à exercer une légère pression sur le déclencheur en visant le sujet que vous souhaitez net, de décaler ensuite vers le cadrage voulu et de déclencher.

« Les yeux rouges »

  • Votre petit dernier ressemble à un lapin russe ? C’est la faute de l’éclair du flash ultrarapide qui en frappant la rétine de face sans lui laisser le temps d’accomoder fait apparaître ce regard disgracieux. 3 solutions : éviter le « pleine face » et préférer un léger profil, de toute façon plus esthétique. Utiliser un appareil qui envoie un premier éclair pour habituer l’iris avant d’envoyer la pleine puissance pour impressionner la photo.
  • Truc de pro : demandez à vos sujets de fermer les yeux très fort et de les ouvrir d’un coup… Déclenchez à ce moment : le regard sera beaucoup plus vivant et pas rouge !

Du bon usage du flash

Tous les compacts disposent d’un flash intégré d’excellente facture, mais il ne faut pas lui demander l’impossible.

  • En particulier, vu la miniaturisation des appareils, il n’est pas rare de laisser traîner son doigt sur la fenêtre du flash, ce qui évidemment n’aura pas l’effet escompté. Leur portée dépend de la sensibilité de la pellicule mais les meilleurs résultats seront obtenus entre 1 et 3 mètres.
  • Veillez à ce que la scène éclairée soit homogène en terme de distance par rapport à l’objectif. Changez d’axe s’il le faut. Exemple type : une joyeuse tablée. Ceux du fond seront noirs et les premiers albinos, quand ce n’est pas une oreille blafarde qui vient manger la moitié de l’image… Pensez également aux ombres portées par les premiers plans qui viendront obscurcir le reste de la scène.
  • Le flash est surtout utile en plein jour pour « déboucher les ombres ». Cas typique, le contre-jour. Sans flash, vous obtiendrez une magnifique silhouette sur un coucher de soleil. Avec flash, votre sujet apparaîtra éclairé « naturellement »
  • Rappelons qu’il est inutile de photographier de nuit le Kilimandjaro ou la tour Eiffel au flash : la lumière ne portera pas jusque là…

Quelle focale ?

Votre appareil compact dispose sûrement d’un objectif télescopique qui émerge du boîtier avec un grésillement de grillon très valorisant… Plus il est long, plus il s’agit d’une longue focale (téléobjectif) permettant de cadrer des sujets plus éloignés. Mais rappelez-vous les points suivants :

  • Le bon photographe est celui qui s’approche de ses sujets : Cartier Bresson utilisait un unique Leica muni d’un seul objectif des plus banal. Il vaut parfois mieux s’approcher jusqu’au bon cadre plutôt que de l’atteindre en zoomant.
  • D’autant que le risque de bougé est inversement proportionnel à la focale. Autrement dit, plus on zoome, plus on doit être stable. En 24x36 et au-delà de 200 mm, il faut prévoir un pied.

Papier ou diapos ?

Les amateurs préfèrent les films « papiers », films négatifs inversibles, que votre labo se charge de développer sur papier au format souhaité, en vous rendant les négatifs. Les tirages sont directement utilisables, plus facilement montrables sans projecteur ou compte-fil et retirables à volonté. Les diapos 24x36 sont l’apanage des pros pour publication dans les livres et magazines et permettent beaucoup plus de finesse dans les réglages.

Protégez vos films

A l'heure où les contrôles de sécurité en avion sont de plus en plus important, il est impératif de protéger correctement vos films, très sensibles aux rayons X.

  • Ne jamais stocker ses films en soute (exposés ou non), même si la compagnie aérienne vous certifie qu'il n'y a aucun problème. Les nouvelles machines de contrôle des bagages sont très puissantes et l'émulsion de vos films à toutes les chances d'être brûlée en un seul passage.
  • Ne passez jamais vos films dans le portique mais uniquement dans le tunnel de contrôle des bagages à main. Inutile d’utiliser les sacs de plomb isolants vendus dans le commerce, l'opérateur augmenterait alors la puissance de l'appareil pour voir le contenu…
  • Les films sensibles (1600 ISO et plus) sont plus fragiles, demandez à l'opérateur de les contrôler à la main.
  • Transporter les films à l’ombre, sans le carton mais dans leur boîtier plastique fermé, idéal contre le sable et l’humidité. Les films exposés (enroulez-les complètement) seront stockés de la même façon et mis à développer au plus vite. Pensez à marquer au feutre indélébile les films exposés ! A moins que vous n’aimiez les surimpressions, parfois surprenantes…

Le coin des pros

Si la photo est pour la motivation première du voyage, vous êtes déjà certainement pourvu du matériel adéquat. Un ou plusieurs boîtiers reflex motorisés de la dernière génération, et une kyrielle d’objectifs allant de la macro (photo très rapprochée) aux gros télés (300 mm avec un doubleur amovible est une bonne solution). Si votre bourse vous le permet, choisissez les objectifs les plus lumineux, permettant de travailler en très basse lumière et à plus grande vitesse. En tout, plus de 10 kg de matériel à transporter dans un sac à compartiment spécial, à moins que vous n’optiez pour la veste multi poches, moins discrète…

Prendre son pied ou pas ?

Le trépied est indispensable pour les photos au téléobjectif, les multi-expositions, les poses longues de nuit. Mais un pied de qualité est horriblement lourd et très encombrant une fois déplié. Vous (ou votre porteuse bénévole !) l’aurez vite en horreur (pensez à fixer votre sac à la rotule entre les trois pieds, pour un surcrot de stabilité, surtout par grand vent, avec des pieds légers)

  • Une bonne solution, dans un bus de safari, est d’utiliser un monopied télescopique, également stable avec un peu d’habitude.
  • La solution du pauvre consiste à placer un sac « banane » sur l’appui de la fenêtre ouverte qui servira d’amortisseur à l’appareil maintenu dessus.
  • Enfin, il existe dans le commerce des mini-pieds pliants ultralégers et plats, d’à peine 20 cm de long. Excessivement pratique, il suffit de le poser sur un support stable de la hauteur voulue (capot de voiture, monument, etc)

Autant de techniques que de sujets…

Portraits, paysages, scènes de vie, animaux : on ne traite pas chaque thème de la même manière et sur le même principe. Laissez de côté l’affectif : Ce n’est pas parce que vous aurez particulièrement « galéré » pour obtenir telle photo qu’elle sera bonne aux yeux des autres. La meilleure école reste de feuilleter la presse pour essayer de comprendre voire reproduire les photos les plus remarquables.

Portraits : un peu d’éthique

Ce n’est pas parce que vous avez payé cher votre voyage que les habitants du pays visité font partie du forfait ! Dans certaines cultures, la prise d’une photo non souhaitée est assimilée à la capture de l’âme. Généralement, en voyage, on ne fait que passer et l'on n'a guère le temps de gagner la confiance des personnes que l'on croise, ce qui est en principe la condition de base pour un consentement de leur part. Il faut aborder les personnes franchement, avec le sourire, en faisant mine de les photographier : vous comprendrez vite si vous avez leur accord ou non. Dans ce dernier cas, passez votre chemin : il ne faut jamais voler une photo. L'attitude la pire en la matière consiste à vouloir monnayer ses séances photos, notamment avec des enfants à qui l'on donnera des bonbons ou des stylos. C’est ainsi que l’on corrompt des populations entières et qu’il est devenu impossible de photographier dans certains pays sans bakchich. Rassurez-vous, dans la plupart des circuits, il y a toujours un « Masaï » complaisant, puisqu’il est payé par l’Office du tourisme pour se faire « mitrailler » à longueur de journée…

Scènes de vie, d’action

Attention à l'envie de zoomer car si cela est utile pour des gros plans, les images les plus intéressantes seront obtenues en rentrant dans le sujet au grand angle. Privilégier l'humain ou le vivant, ce qui est quand même la moindre des choses pour des scènes de vie. Sachez vous placer et déclencher au bon moment. Travaillez à des vitesses rapides tout en ménageant une grande profondeur de champ afin de compenser d'éventuelles mises au point imprécises. Jouez sur les contrastes en choisissant les espaces dans lesquels le sujet se découpera au mieux.

Paysages, monuments panoramiques

Comment faire pour obtenir dans son intégralité un paysage ou un monument sans que pour autant celui-ci se retrouve noyé dans un premier plan vide ou sans intérêt ? En disposant d'un appareil panoramique ou plus simplement en faisant agrandir la photo prise normalement que l'on découpera ensuite au format panoramique en enlevant la partie haute ou basse dénuée d'intérêt.

La photo de nuit

Photographier la nuit implique de nombreuses zones d'ombres et des longs temps de pose. Mais les résultats sont souvent spectaculaires. Il faut travailler sur pied en pose B (objectif ouvert) et appliquer une correction empirique due à « l’effet Shwarzschild ». Temps de pose indiqué par la cellule : entre1 à 10 sec, multiplier alors ce temps de pose par x 2. Pour 10 à 20 sec, par 3, et par 5 au-delà.

La photographie en Safari

Durant la période sèche et à partir du début de l'après midi, restez près des points d'eau importants qui subsistent. Soyez patients, et vous serez certainement récompensés pour votre attente. La majorité des animaux viennent boire les uns après les autres. Bien sûr, vous aurez plus de chance de voir des herbivores que des prédateurs, mais comme les uns suivent souvent les autres...

Si vous faites partie d’un safari organisé, n'ouvrez jamais votre boîtier pour changer un film sans être à l'arrêt et en vous protégeant de la poussière, surtout dans les 4x4 !

Photographier les oiseaux de mer
Certains endroits sont plus propices que d'autres à l'observation et donc à la photographie de ces oiseaux. C'est notamment le cas de l'Ecosse où l'on peut les approcher de très près : Shetland, Handa Island, Bass Rock ou Fame Islands... La meilleure période est le printemps, lors de la période de reproduction. Essayez de varier les cadrages et les focales. Ne vous limitez pas aux portraits mais replacez le sujet dans son environnement : un macareux moine sur un rocher couvert de lichens jaunes, le tout sur un superbe ciel bleu est du plus bel effet ! Un objectif de 600mm vous sera vite indispensable. N’oubliez pas le poncho, le sac étanche, et un bon pull…

Photographier les baleines

 L'observation des baleines depuis un bateau de petite taille ne facilite pas les prises de vues. Inutile d'utiliser de trop longues focales, l'instabilité du bateau rend la visée très difficile au dessus de 200mm. L'idéal est d'avoir un objectif stabilisé du genre Canon100-400 ou Nikon 80-200. La stabilisation optique rend la visée beaucoup plus confortable. Utiliser la plus haute vitesse possible pour figer les mouvements des baleines ou des dauphins. Le mieux est donc de caler votre appareil sur le mode Tv (priorité vitesse) à 1/500s minimum. Conserver votre matériel dans un vrai sac étanche, et essayez de conserver l’horizon… horizontal ! Médicament anti-mal de mer en option…

La photo en jungle

La photo en forêt tropicale est très difficile. Les principaux obstacles  : le manque de lumière qui frôle souvent l'obscurité la plus complète (travailler systématiquement avec des films 400 ISO, voire poussés en labo à 800), l'humidité qui met votre matériel à rude épreuve et surtout le gigantisme de la nature environnante qui met les singes, toucans et autres perroquets multicolores à des hauteurs trop importantes pour votre objectif ! Le guide naturaliste est ici indispensable pour entendre et repérer des animaux que vous ne verriez pas seuls. Prenez de la hauteur, quand c’est possible, sinon rabattez-vous sur la macro-photo : les sujets y sont inépuisables. Il vous faut un minipied, un objectif macro (50 ou 100 mm) ou annulaire (avec flash incorporé) et une batterie de petits flashs synchronisés. Le pire ennemi est l’humidité. Faîtes sécher votre matériel au soleil chaque fois que cela est possible. Ne négligez pas non plus les produits anti-moustiques !

Photographier en trek

Beaucoup de gens font de la photo lors d'un trek. Il faut dire que les sujets ne manquent pas : les paysages, les habitants, les maisons et bâtiments, la faune et la flore locale, les marchés, les inévitables couchers de soleil.... Bref, en trek tout est différent de chez soi et donc propice à la photographie. Mais il s’agit d’une photo en mouvement, car vous êtes d’abord là pour marcher ! Le temps de poser son sac à dos, d'extraire l'appareil, de changer l'objectif, de régler, de cadrer, de prendre la photo, de ranger l'appareil et de remettre le sac sur ses épaules, le groupe de marcheurs a déjà une centaine de mètres d'avance sur vous. Multipliez l'exercice par la trentaine de photos que vous allez prendre chaque jour et vous allez comprendre que l'appareil a de plus en plus de chances de ne plus sortir du sac. Le sac photo idéal est le LowePro Photo Runner de type "grosse banane". Comprenant trois compartiments, il s'attache autour de la taille et permet tout juste de loger un boîtier 2 zooms, pellicule et accessoires. On peut ainsi dégainer et préparer la photo tout en marchant !

Enfin, il n'est pas question devant un superbe paysage éclairé à contre-jour, d'attendre que le soleil tourne ou de revenir plus tard...

Le numérique : l’avenir du voyageur ?

En voyage, faut-il employer un appareil traditionnel (pellicule argentique à dévelloper) ou  un appareil numérique ? Incontestablement, la photo argentique est vouée à disparaître au profit du numérique. Depuis de nombreuses années beaucoup de professionnels utilisent des « dos numériques » permettant de profiter du meilleur des deux mondes : Un appareil perfectionné et sa kyrielle d’objectifs spéciaux et une mémoire capable de stocker (et de transmettre) les images. La qualité est égale et souvent supérieure à la pellicule. Mais ces appareils sont hors de prix. Depuis quelques années, on trouve des appareils numériques de type « compact », abordables (de 200 à 500 Euros) suffisant pour l’Internet. Ceux qui désirent obtenir des photos sur papier aurons besoin d’une résolution d’au moins 2 mégapixels (700 Euros ou plus). Attention au prix des consommables (cartouches d’encres couleurs, papier glacé) et il faut disposer d’un ordinateur et d’une imprimante qualité photo. Compter un prix de revient de 2 Euros pour chaque tirage 18 X 24. Il existe aussi des imprimantes qui permettent de tirer des épreuves papier de qualité sans se connecter à un ordinateur. Les prix? Raisonnables, soit à partir de 200 Euros pour une qualité proche des labos. Seule ombre au tableau, les couleurs s’atténuent au fil des années. Ceux qui n’ont pas d’ordinateur peuvent brancher directement à un téléviseur certains appareils numériques. On peut ainsi visionner ses souvenirs de voyage en famille, comme à l’époque des antiques « soirées diapos ». Chaque appareil numérique est livré avec une certaine quantité de mémoire contenue sur une carte ou s’inscrive un nombre de photos variable selon leur définition. Le Canon S100 par exemple est capable d’enregistrer 12 images en format haute résolution. Il vous faudra donc impérativement acheter d’autres cartes (50 à plusieurs centaines d’Euros selon leur capacité). La solution la plus rentable consiste alors à emmener dans ses bagages un PC portable avec la connectique, pour stocker chaque soir vos images…

Tout savoir sur l’image numérique

http://www.photo-numerique.com/

l’image vue du ciel selon Yann Arthus Bertrand

Connu comme photographe aérien, Yann se définit surtout comme un photographe qui se sert d'un hélicoptère (ou d’un avion, d’un ULM, d’un parachute ascensionnel…) pour donner aux images une autre dimension. « C’est est un outil de travail fantastique, un jouet extraordinaire : il donne l'impression de voler sur une grande carte du monde… » On commence par repérer sur une carte tout ce qui pourrait être intéressant à photographier. Mais on a beau préparer un reportage, tout n'est pas prévisible : près de 70 % des photos de La Terre vue du ciel ont été découvertes. On aperçoit des choses que personne n'avait jamais vues. Il faut une très bonne météo. Puisque l'on photographie de très loin, le plus souvent au 100 mm, un temps très clair est indispensable. On peut ainsi attendre des jours l'éclaircie qui permettra de réaliser la photo. Auparavant, les photographes aériens travaillaient de très haut, en avion. Yann, au contraire, peut voler à 5 m comme à 2 000 m. C'est même souvent en descendant assez bas qu'il réalise les clichés les plus marquants. Les images de Yann sont humanisantes : on y voit des hommes et des femmes, on y découvre l'empreinte, positive ou négative, qu'ils imposent sur leur terre. Yann accorde une grande importance à la présence de l'échelle humaine. La photo aérienne, parce qu'elle ressemble à la photo au microscope, a besoin d'un personnage pour être compréhensible. Yann est un photographe de l'esthétique, mais aussi du sens. A une belle photo, il préfèrera toujours une bonne photo : une photo qui émeut, qui interpelle et qui instruit. Les photographies doivent faire plaisir mais, en même temps, avoir du sens, et une vertu pédagogique.

Le très beau site de Yann :

http://www.yannarthusbertrand.com/fr/


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