06-01-2009
 
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L'huitre de Diane Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Plus tout à fait la mer, mais pas encore un lac : l’étang de Diane, près d’Aléria sur la côte est de la Corse, est un joyau peu connu. Dans ses profondeurs vertes  gît un trésor dont les romains connaissaient déjà le secret…

On les nommaient étangs, lagunes, marais : ils sont devenus les «zones humides». Ainsi en a décidé la convention Ramsar, du nom de la ville d'Iran ou elle a été signée en 1971. La France a adhéré à cette convention en 1986, s’engageant à préserver les zones humides de son territoire.

Il est vrai que ces écosystèmes sont d'une importance cruciale : zone de nidification pour les oiseaux, filtration naturelle des polluants, régulateur de crue et de sécheresse, jusqu'au subtil gradient entre eau douce et eau salée, qui permet l'éclosion et le maintien de nombreuses espèces originales.

Et le temps presse : les zones humides sont partout menacées d’assèchement, de dragages, de pollution. Les inondations récentes montrent à quel point on paye cher nos tentatives pour domestiquer la nature, sans lui laisser remplir son rôle… naturel !

La France est pourtant riche de ces pays d’eau et de roseaux. Mais je ne m’attendais pas à découvrir l’un d’eux en Corse, non loin du port Romain d’Aléria…

Isolé de la mer maternelle par un cordon de sable, l'Etang de Diane aujourd’hui festonné de verdure abrite de petites entreprises d’ostréiculture. C’est la première surprise : oui, il existe des huîtres corses ! Et cette pratique remonte aux romains : dans l'antiquité, ils récoltaient déjà les huîtres sauvages et la production était considérable. Seule la chair était commercialisée, conservée dans la saumure des amphores pour être exportée à travers la Méditerranée. En vous promenant sur l’île vous constaterez bientôt qu’elle est exclusivement constituée de coquilles. C’est une île artificielle, née peu à peu, là où les pêcheurs avaient l’habitude de rejeter les coquilles vides ! Ce qui donne une idée de la production…

On peut d’ailleurs se demander pourquoi on abandonnait les coquilles au même endroit ? Regardez bien ces coquilles justement : elles sont toutes percées d’un trou. Ce qui indique qu’elles étaient piquées depuis la surface avec un outil dont il ne reste pas de traces. En rejetant les coquilles n’importe où, il aurait été vite difficile de savoir reconnaître les pleines des vides. Pas si fous ces romains…

Mais le grand mystère, c’est la croissance étonnamment rapide de ces huîtres : certains «pieds de cheval» pèsent plus d’1 kg, et la question est alors de savoir comment les préparer !

En Corse, on ne parle pas pour ne rien dire. Je fus tout de même invité à plonger sur les champs d’huîtres, pour me rendre compte par moi-même.

Dès la surface franchie, j’aperçois les coquillages baignant dans l’eau verte, à même la craie lacustre. Quelques poissons, quelques anémones dressant leurs tentacules roses… Et les huîtres, omniprésentes. Comme ayant occupé toute la niche écologique. Qu’est-il donc arrivé à cet extrait de Méditerranée ? En quelques coups de palmes, je rejoins le site qu’on m’a indiqué. Sur le sol, les coquilles vieilles de quelques mois… énormes. Soudain, la température fraîchit  et ma vue se brouille : comme si on avait versé du sirop dans l’eau. De l’eau douce. En surface,  je comprends : un discret ruisseau camouflé par les roseaux alimente la lagune et c'est la clé du mystère : à l’embouchure, dans l’eau saumâtre, les huîtres se développent trois fois plus vite qu'à Belon. En 12 mois elles atteignent la taille commerciale ! Encore une fois, l'eau douce a fait des miracles...

Et pour connaître leur goût… Faîtes le détour ?

Un si bio pain !

En France, la production de blé «bio» est en plein essor, même si le millier d’exploitations crées en 2001 n’arrive pas à suffire à la demande. Rappelons que la culture bio permet de limiter la présence dans notre pain quotidien, des pesticides, fongicides et autres herbicides, dont les effets sur l’organisme sont mal connus à long terme. Ce blé bio est vendu à 50% aux artisans boulangers. Les boulangeries industrielles n’en consomment que 20%, et les grandes surfaces 10%. A méditer…


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