mars, et la remontée commence. Its sont quatre du gioupe spéléqDmboun de Ca- Des champions qui maitrisent les deux techniques du gouffre et de la plon gée. Dans deux heures au plus, ils seront ~. sortis avec tout leur matériel. Au sommet --'- ~^- - du puits de 40 m, on souffle un peu, quand Patrick Penez éclate un terrible coup de canon. Le souf- - fle éteint les lampes acétyléne. En surface, c'est l'affolement. L'orage a rade, en Lozère. Un temps de septembre, - Nom de surpxis tout le monde. Les gouttes tom idéal pour tenter la plongée au fond de l'a- Its se jettent dans une niche et, crampon- bent tellement serrées que l'on n'y voit ven de Hures. nés à de mi uscules concrétions, regar- pas à plus d'un métre. Le Causse est A 300 mètres sous la terre, Patrick Penez dent à un miltre à peine un fleuve d'esu veinulé de torrents, surgis de nulle part, émerge ruisselant du siphon terminal. sale qui ricoche sur les parois et balaye aspirés dans la moindre dépression du -Alors? tout. Dans le flot limoneux passent les terrain. La colline d'entréé de l'aven de - Rien à faire. A 39 m de profondeur sous cordes sectionnées, le matériel de plongée Hures siphonne, ne pouvant absoiber tout l'esu, Fa part en étroiture, c est fini. et des tonnes de cailloux qui s'écrasent le débit du fleuve temporaire. Une fois de plus, la vaste galerie collec- 40m plus bas avec un fracas d'enfer. La -Its sont pris comme des rats là-des trice que l'on pressent, enfouie sous le crue ! Le ruisselet d'un quart de litre/se- sous ! Causse, s'est dérobée. Ie chemin de l'eau conde vient de passer à 2mètres cubes/se- Et certaipement morts: Personne ne peut est bien capricieux. On s'accroche les jü- conde. résister à un tel maelström. Quelques heures plus tard, à 50 km à la ronde, toutes les résurgences se mettent à vomir du sable, du gravier, à noyer des champs et des vallées entières. Les paysans me parleront plus tard de « cataclysme », habitués qu'ils sont, depuis des générations, aux forces cachées dans leur sous-sol. Tout de même, il y a cent ans que cela ne s'était vu. Et le paysage se transforme : là, un pan de colline s'effôndre ; ici, un lac se forme. Près de Millau, le long de la Dourbie, la route est coupée en deux. Au fond du gouffre, les quatre prisonniers sont-ils déjà entrés dans la légende des martyrs de la spéléo ? Ce serait mal les connaître : ils vivent ; la peur au ventre, mais ils vivent. Cramponnés sans assurance, et depuis neuf heures déjà, au dessus du « gaz ». Le souffle de la cascade gèle les doigts, mais le moral est bon. On vient d'apprendre que Jean-Charles, qui se trouvait plus bas au moment de la crue, et qu'on croyait balayé, a lui aussi miraculeusement survécu. C'est lui qui raconte la chute à ses pieds des bouteilles de plongée, petites bombes volantes qui vont se cabosser mais n'éclatent pas ! C'est à son niveau d'ailleurs que le gouffre a le plus changé d'aspect. De larges écailles sont décollées des parois et sur une hauteur de trois mètres, les déblais s'amoncellent. Le débit de la crue là-haut a l'air de baisser mais une autre angoisse survient : l'eau monte. Eh oui ! A moins 100 mètres, il y a une fissure étroite dans laquelle les rochers se sont accumulés et qui empêche maintenant l'écoulement. L'eau est déjà remontée de 25 mètres, et remonte encore le long des puits vers les quatre funambules. Its vont être engloutis par l'eau qu'ils ont voulu démasquer. Et puis, alors qu'elle arrive déjà à mi-corps, tout s'arrête : un bouchon d'alluvions a dü lâcher plus bas et le gouffre se vide avec des gargouillements d'apocalypse. Et Penez de dire : « On se serait cru dans le tuyau de mon lavabo ! ». Les sauveteurs sont là. Après avoir rééquipé le début du gouffre, qui d'ailleurs n'a plus rien de commun avec « l'ancien ». On a perdu du matériel, mais gagné des souvenirs. Les rescapés remontent entre des parois plus jeunes, encore suintantes ; un peu éberlués d'avoir vécu cette mue des cavernes de l'intérieur. « Le malheur des uns... », le spéléo club des Causses s'est depuis rué sur près de 80 nouveaux gouffres qui se sont ouverts sous le marteau-pilon de la terrible crue. Randonneurs, familiers des grands Causses, méfiez-vous ! Votre chemin n'est qu'un gruyère qui s'ignore... Une course pour l'Everest a l'envers Malheureusement ou heureusement, les spéléologues n'ont toujours pas atteint leur « plancher du monde ». Malgré beaucoup d'efforts, il se dérobe encore et, à la différence de l'alpinisme, on ne sait jamais quel trou va devenir un gouffre record. Bien peu ont crevé la barrière des moins 1 000. Mais, depuis quelques mois, ça bouge : moins 1455 mètres derrière deux siphons, record du monde du gouffre Jean-Bernard en Haute Savoie. Sur les Arres Planères,versant espagnol, une mince faille dans le roc, trop insignifiante pour être baptisée autrement que par ses coordonnées de prospection « BU » a tout de même permis à Jean-François Pernette et son équipe d'atteindre moins 1 195 mètres et... ça continue. Phrase magique en spéléologie. Sur le versant français, un challenger : le complexe géant de la Pierre Saint-Martin. Avec ses salles énormes, il risque de mettre tout le monde d'accord. Il ne manque que quelques mètres pour jonctionner avec le réseau d'Arphidia. Cette union réussie porterait la dénivellation de l'ensemble au-delà de 1500 mètres. Rien ne va plus ! La vieille Europe est donc la seule à enfanter des Titans ? Qu'on ne s'y trompe pas, je gardais ça pour la fin. La France est le berceau de la spéléo, mais l'enfant a grandi. Et je connais des petits fûtés qui sont partis en voyage avec cordes et pitons. En Crète, au Mexique, voire en Nouvelle-Guinée pour les plus riches. Ils nous ont ramenés des coups de soleil, le paludisme, et surtout des gouffres. Encore des gouffres. De ceux qui pourraient bientôt atteindre les moins 2 000. La géologie est d'accord. Ça va chauffer chez les pygmées !
Le gang des grottes a encore frappé ! Dans le Doubs, à la grotte du Crotot de Romain - cavité inconnue ? pas pour tout le monde,En 1978, des chanceux du groupe spéléo de Baume les Dames-Clerval découvrent en pleine forêt un étroit soupirail. Après la descente de quelques verticales, ils débouchent dans une splendide rivière souterraine à l'eau limpide. Tout au long des 81an de réseau, c'est l'émerveillement. Pilastres de calcite immaculés, concrétions délicates, un joyau de la France souterraine. La découverte dont révè tout explorateur d'ab$mes. Vite, on sort, on grillage et camoufle l'entrée et on se talt ! Pendant deux ans... bn se taIt à cause de l'invasion hebdomadaire des « spéléistes » parisiens qui se ruent sur les classiques du Doubs pour pratiquer leur sport favori. Or, si l'éthique est pure, la botte est parfois maladroite. Mais le péril n'était pas à redouter de la capitale... En 1980, le gouffre, qui n'existe que dans la mémoire de quelques élus, va naitre au grand jour ; remords, appât du gain ? Quoi qu'il en soit, la caverne va être aménagée pour le public ! Et le 15 fëvrier 1981, c'est le drame ; les « inventeurs » retrouvent la grotte saccagée : des centaines de colonnes pulvérisées à coups de marteau, les parois souillées à la peinture. On s'arrache les cheveux. Le fleuron du Nord-Est de la France est devenu invisitable ; ce qui ne changers pas grand chose, ajouteront les.esprits chagrins. Alors, s'agit-il d'un acte d'irresponsable, de la vengeance d'amateurs frustrés ou de la conspiration de spéculateurs ou de propriétaires rétrogrades ? En tout état de cause, la municipalité du Crotot, la Fédération Française de Spéléologie, les diverses associations de protection de la nature ont déposé une plainte contre X. Contre X? Peut-étre pas. Le « clan des bons » a pris le sentier de la guerre, bien décidé à débusquer les vandales infiltrés selon eux dans divers clubs de la région. Les pirates, qui cette fois ont été trop loin, étaient déj à connus pour des vols de corde dans les puits d'entrée et, dernièrement, l'effacement de tout le balisage de secours à l'intérieur d'un gouffre labyrinthique. Pas triste, la spéléo, en Franche-Comté...
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